Devenir mère sans modèle : Comment j’ai appris à m’inventer
Et si devenir mère était encore plus vertigineux quand on avance sans repères ? Quand on avance avec tendresse, certes, mais aussi avec un vide, un manque et cette peur viscérale de mal faire ?
Aujourd’hui, j’ai envie de vous ouvrir mon cœur sur un chemin très particulier : celui de se construire comme maman quand on n’a pas eu d’image maternelle inspirante. C’est un sujet qui me touche de près, car il fait partie intégrante de mon histoire.
Le vertige de la page blanche
Bienvenue dans ce premier épisode de L’Essence d’une maman. Je suis Claire, maman de deux enfants et accompagnante en périnatalité. Si j’ai choisi de déconstruire la maternité avec vous, c’est parce que mon propre chemin n’a pas été une évidence.
À l’arrivée de ma première fille, il y a quatre ans, j’ai été submergée. J’avais cette projection de la relation « mère-fille » qui venait se heurter à mon propre vécu. Ma relation avec ma mère ne correspondait absolument pas à ce que je voulais offrir à mon enfant. Il a fallu tout reconstruire. Ne rien prendre pour acquis, mais proposer à ma fille une ouverture différente sur le monde. Et je ne vous le cache pas : sans modèle, c’est difficile. On a l’impression de marcher sur des œufs, de ne pas savoir où l’on va.
Créer du lien quand on ne nous a pas appris
Comment trouver une ligne conductrice quand on part d’une image péjorative de la maternité ? J’ai longtemps cherché la « bonne » réponse, avant de comprendre qu’il n’y en a pas une seule, mais des dizaines.
Pour me sentir plus à l’aise, j’ai mis en place des piliers simples mais puissants dans mon quotidien :
- L’honnêteté avant tout : J’ai décidé de ne jamais mentir à ma fille. Même sur des sujets délicats comme ma propre mère. Je lui partage ma réalité, tout en lui expliquant que ce n’est que ma version, pour lui laisser la liberté de se forger la sienne plus tard.
- Le partage par le « faire » : Le lien s’est tissé petit à petit à travers mes passions, comme la pâtisserie. Faire des gâteaux ensemble, c’est lui donner un petit bout de qui je suis, au-delà du rôle de mère.
- S’entourer de « relais » : Si l’image maternelle manque, on peut aller chercher de la douceur ailleurs : une sage-femme, une amie, une voisine. On n’est pas obligée de porter ce rôle seule.
Ma vidéo Youtube « Devenir mère sans modèle »
Un petit exercice pour vous, de moi à vous
Si vous aussi, vous vous sentez parfois perdue, je vous propose un petit rituel que j’affectionne particulièrement. Prenez un morceau de papier et écrivez : Quelle maman ai-je envie d’être ?
Qu’est-ce qui est important pour vous d’enseigner, d’inculquer, de « transpirer » ? Il n’y a pas de mauvaise réponse. Regardez cette liste, parlez-en avec votre partenaire ou une personne de confiance. Ils seront vos garde-fous pour vous rappeler vos intentions quand la fatigue prendra le dessus.
Une marche après l’autre
Aujourd’hui, ma relation avec ma fille est magnifique, mais je ne regarde pas le sommet de la montagne. Je ne me demande pas comment nous serons quand elle sera adolescente. Je vis le jour le jour. Je regarde ses quatre ans, et l’année prochaine, je regarderai ses cinq ans.
Inutile d’aller trop vite. Une relation, ça se construit petit à petit, avec beaucoup de bienveillance envers soi-même. Si vous doutez, rappelez-vous cette phrase que je me répète souvent : Tu as toutes les ressources en toi. Faites-vous confiance. Vous êtes la personne la mieux placée pour savoir ce qui résonne juste pour votre enfant.
Prenez soin de vous, et n’oubliez pas : derrière chaque naissance, il y a aussi celle d’une maman.
On poursuit la discussion ?
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